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JLD, Super-héro du buzz

 

Posté le 16 février 2005
Little Brother

 

"On ne peut pas attendre que les choses viennent d’en haut. En peignant Amour sur le sol, j’ai le sentiment d’être utile d’en bas, d’oeuvrer pour l’amour et la paix entre les gens"

Culturebuzz : Ton parcours ?

JLD : J’ai travaillé de 1972 à 1990 comme peintre de lettres et artiste du trompe l’oeil : à l’époque, je gagnais très bien ma vie en réalisant des inscriptions publiques et des peintures publicitaires sur des pans de murs allant de vingt...jusqu’à cents mètres carrés ! Mais avec l’apparition de l’ordinateur en 1985 d’autres procédés techniques sont apparus et aujourd’hui, avec le numérique, le métier s’est complètement perdu. Malgré tout, je continue de peindre des inscriptions publiques Amour au Posca dans la rue. Je participe aussi activement à la scène Slam parisienne.

Culturebuzz : Depuis quand diffuses-tu ton message Amour et comment t’organises-tu pour en peindre autant ?

JLD : J’ai commencé à taguer le mot Amour comme une suggestion d’attitude après le 11 septembre 2001. Je me fixe un quota minimal obligatoire par jour et après c’est selon les circonstances : il m’est déjà arrivé d’en peindre 300 en une nuit, par exemple. D’autres part, je forme des bénévoles à écrire le mot Amour selon mes instructions, pour que le message soit diffusé au maximum.

Culturebuzz : Quel sens donnes-tu à ta démarche ?

JLD : Je me considère comme un moine qui oeuvre pour la paix. En diffusant ce message simple et universel sur mon parcours au quotidien, je transmets des rappels pour l’établissement de la paix. On ne peut pas attendre que les choses viennent d’en haut ou de perdre son temps à savoir qui a raison ou tort, en politique. Par mon action civique, même d’en bas, je suis utile pour la société.

Culturebuzz : Taguer sur la voie publique n’est-il pas un acte répréhensible par la loi ?

JLD : Je ne tague qu’à l’horizontale, par terre et avec humilité. Il n’y a pas d’agression ni atteinte à la propriété privée, puisque j’inscris le mot Amour au sol avec une peinture effaçable qui reste éphémère sous les pas des piétons. Je ne suis pas hors-la-loi si je me réfère à l’article 322-1, 322-2 et 322-3 du code pénal sur la dégradation de biens publics. Un citoyen qui jette son chewing-gum dans la rue fait plus de dégâts que moi, à terme. Je tague sur les murs ou les vitres de café - à la verticale - que si le propriétaire des lieux m’en fait la demande.

Culturebuzz : N’as-tu pas peur d’être récupéré commercialement par une marque ?

JLD : Le tag Amour que je diffuse est déposé à L’INPI, même si j’ai déjà pu voir de la récupération ici et là... J’ai bien sûr été victime de proposition commerciale pour inscrire Amour sur des T-Shirts ou des sacs, en passant par la petite culotte...Mais j’ai refusé. Il est hors de question de faire de l’argent avec ça, car le concept et la démarche qui se cache derrière le mot Amour, c’est le don de soi. Lors d’une scène Slam, pour anecdote, une star du Hip Hop m’a demandé de lui taguer Amour sur le bras pour se le faire tatouer ensuite, dès le lendemain. C’est dingue, les gens deviennent porteurs d’un concept qui ne leur appartient même pas !

Culturebuzz : Justement, la culture du Slam, c’est quoi au juste ?

JLD : Le slam, c’est l’art oratoire de prendre la parole en public. Chaque citoyen peut monter sur scène et s’exprimer. C’est la base d’une réelle démocratie, selon moi. Si t’es crédible, tu reçois des fleurs, sinon, tu te prends des tomates. C’est comme ça que la politique devrait être.

Culturebuzz : Tes projets ?

JLD : Je réalise des portraits 12x12cm de ceux qui prennent la parole aux sessions slam que je tire ensuite en exemplaire unique. Pour un prix démocratique (20 Euros) je propose un art authentique qui s’expose partout où je vais. Tu vois, il me suffit d’un peu de patafixe et voilà les oeuvres s’exposent sur le mur du café : c’est plus agréable et tout le monde en profite. C’est dans les petites choses qu’on fait avancer les grandes choses. Je souhaite aussi réunir une cinquantaine de bénévoles pour m’aider à enlever les milliers de chewing-gums collés sur le macadam, comme ça je pourrais taguer Amour sur des trottoirs sans aspérités. J’aimerais montrer aux politiciens d’en haut qu’il est possible de mobiliser et de sensibiliser les gens d’en bas sur des petits problèmes civiques.

Culturebuzz : Ton objet buzz ?

JLD : Mon marqueur blanc.

Culturebuzz : Tes cinq mots-clés buzz ?

JLD : Trinité, action, réalisation de soi, Amour, paix.


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Catégories :
Art & Culture
Opinions & Interviews


 

Commentaires

1. samedi 26 janvier 2008 attime 20:34,

LES AMOURS DISPARAISSENT AVEC LE TEMPS SUR LES TROITTOIRS PARISIENS, IL FAUDRAIT SONGER A NOUS EN REDONNER

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